L’année dernière, avec mon frère et ma belle soeur, nous avons commencé à suivre les pas de Robert Louis Stevenson et nous en gardons de très bons souvenirs. Cette année, nous nous organisons pour poursuivre le chemin. L’étape des réservations est compliquée. Nous traversons cette année une région plus désertique que l’année dernière. Les villages se font rares et les hébergements qui acceptent les chiens ne sont pas nombreux. Nous devons cette année nous organiser pour les achats de repas car certains gites ne font pas la demi pension. Ces étapes se font au milieu du parcours. Il s’agit donc d’être bien organisé. En 2025, Laurent a fait le transport des bagages. Cette année, nous réservons la malle postale. Ce service nous permet de voyager léger. Chaque matin nous déposons nos bagages à l’entrée des hébergements et nous les retrouvons le soir au gite suivant. Le dernier jour, un véhicule de la malle postale nous ramène au point de départ avec nos bagages. Les vacances scolaires de printemps de notre zone sont tôt dans la saison alors, pour augmenter les chances d’avoir du beau temps, nous partons entre l’Ascension et la Pentecôte. Je ne sais pas quel temps il a fait en avril, mais on pourra voir que la météo que nous avons pour cette deuxième saison n’est pas des plus agréable. Nous quittons Bourguignon le jeudi de l’Ascension la météo annonçait beaucoup de pluie. Nous avons la chance de passer un peu entre les gouttes. Nous commençons par une petite pause café à Cessey chez Loïc. Nous nous arrêtons pour le repas à Saint Amour dans un snack en bord de route qui sert des repas avec des produits régionaux. Nous arrivons vers 18h30 à la Bastide Puylaurent. C’est ici que nous avons fini notre parcours l’année dernière et que nous allons commencer la saison 2 du chemin de Stevenson.

Vendredi 15 mai 2026 La Bastide Puylaurent – Chasseradès. Notre première étape de la saison est une mise en jambe qui reste agréable malgré la météo froide et humide.
C’est le départ. Nous nous habillons comme en hiver avec le bonnet, les gants, la doudoune et la cape de pluie pour affronter le vent, le grésil et même un peu de neige. Les dénivelés sont bien réguliers et rendent la randonnée agréable. Les épisodes de grésil nous contraignent à des arrêts fréquents pour mettre ou enlever la cape de pluie. Nous marchons sur une crête au pied d’éoliennes, le ciel gris et les nuages n’altèrent pas la beauté des paysages. Les chemins sont bordés de genêts en fleur, les jeannettes tapissent les champs Nous arrivons dans l’après midi à l’hôtel des Sources à Chasseradès. Nous avons un grand dortoir privatif. Nous n’avons pas chaud pour jouer aux cartes et nous passons la fin d’après midi dans la véranda de l’établissement où les petits rayons de soleil nous réchauffent. Nous avons très bien mangé dans cet hôtel (une soupe, une assiette de charcuterie, une cuisse de pintade avec riz et ratatouille…)

Samedi 16 mai 2026 Chasseradès – Le Bleymard. Pour notre deuxième étape, le froid, la pluie et la neige sont encore au rendez vous. Le soleil fait son apparition dans l’après midi.
Le ciel est déjà bien noir lorsque nous quittons l’hôtel des Sources à Chasseradès. En prenant de l’altitude, la pluie se transforme en neige. Nous hésitons entre la cape de pluie, le blouson et la doudoune. Les arrêts sont fréquents pour ajuster la tenue. De nombreux randonneurs nous doublent sur le chemin, notre rythme est plutôt lent. Un monsieur tire une charrette avec son chargement. Le chemin est connu pour être parcouru avec un âne, comme le faisait Stevenson à son époque. Les rencontres entre Mala et les ânes se passent très bien, tout comme avec les autres chiens que nous rencontrons sur le chemin. Lors de la descente sur Le Bleymard, le soleil fait son apparition, le ciel se dégage et les paysages sont magnifiques. Nous arrivons au Bleymard bien fatigués après cette deuxième journée de randonnée. Claude et Catherine s’installent dans un chalet dortoir. C’est un petit chalet avec 6 couchages, les commodités se font aux sanitaires du camping. Laurent et moi, avons loué une tente car les chiens ne sont pas admis au chalet dortoir. L’équipement de la tente est sommaire, avec un simple petit tapis de sol et 2 couvertures en laine. Après une installation sommaire, nous allons au village se désaltérer. Le restaurant du village est complet, une fête a lieu au village ce jour (c’est certainement pour cette raison que les réservations pour cette étape étaient particulièrement compliquées). Le camping est annoncé avec une cuisine. C’est en fait, une pièce minuscule où tous les randonneurs se bousculent pour réchauffer leur repas. Nous prenons notre repas, dehors et au froid car il n’y a pas de salle pour se mettre à l’abris. Nous avons eu de la chance qu’il ne pleuve pas à ce moment là. Nous nous préparons rapidement pour la nuit mais, le froid, le sol dur et les bruits du festival ne nous aident pas à dormir. Après avoir ajouté une veste polaire, un bonnet, la doudoune avec la capuche, la couverture de survie, le froid est toujours aussi persistant. Le sol engourdis mes membres, les basses de la musique agacent… autant dire que la nuit a été très longue. Au petit matin, la doublure de la tente est givrée, l’herbe craque sous les pieds, tout est givré. Nous nous faisons un café que nous buvons dans le froid et nous nous réchauffons en reprenant le chemin.

Dimanche 17 mai Le Bleymard – Pont de Montvert. Notre plus grande étape en kilomètre et le point culminant du parcours.
C’est parti pour notre grande étape après un petit arrêt au magasin carrefour pour ajuster les stocks en prévision des 3 jours sans ravitaillement. Le profil de l’étape est assez simple, on monte et on descend. Nous nous arrêtons pour manger à la station du Mont Lozère pour reprendre un peu de forces. La suite de la montée se fait sur un chemin jalonné de grandes pierres debout avec une jolie vue. Nous arrivons au sommet vers 14h, nous faisons le tour des tables d’orientations disposées au sommet avant d’amorcer la descente. Claude a mal aux pieds et trouve une astuce pour écarter les parties qui le blessent avec du fil de fer. Le dénivelé aura raison du genou gauche de Laurent. La descente est longue, très longue. Elle commence dans les rochers puis le chemin s’élargit et devient plus facile mais c’est sans compter la fin de la descente. Alors que nous pensions être bientôt arrivés, un panneau indique notre étape à 7,8km. Ces derniers kilomètres sont particulièrement difficiles, autant moralement qu’au niveau du chemin qui est pentu et rocailleux. Nous arrivons enfin à Pont de Montvert, il est 18h30 et nous sommes épuisés. Une douche, des Yum-Yum et au lit.

Lundi 18 mai Pont de Montvert – Mijavol. Une étape variée, avec de très beaux panoramas et la découverte de ces jolis fleurs, des tulipes sylvestres.
Nous quittons le gîte à 8h après une nuit de sommeil reposante malgré les douleurs aux jambes qui me réveillent toutes les deux heures (alors que je n’ai pas mal en marchant ! heureusement ces douleurs ne me gêneront plus les autres nuits). Avant d’attaquer la montée, nous nous arrêtons au village pour prendre un « vrai » café et nous profitons de la petite épicerie pour acheter un petit complément pour le pique nique de midi. Le dénivelé du jour est encore important mais il se fait en plusieurs fois. Nous serpentons sur un chemin rocailleux pour quitter Pont de Montvert puis nous marchons sur un joli plateau. Après une petite descente, une belle montée nous attend. Le sommet se fait désirer mais le paysage est splendide. La météo commence à s’améliorer mais nous gardons encore les blousons pour nous protéger du vent frais. En commençant la descente vers Mijavol, nous remarquons des fleurs que nous n’avons encore jamais vu. Ce sont des tulipes sylvestres. Lors de notre arrivée à Mijavol, un papier sur la table nous dit de nous installer. En soirée, la propriétaire passe au gîte, elle allume un feu dans la cheminée et nous discutons avec les autres randonneurs, un hollandais et une dame qui voyage avec son chien (Stitch) et une petite charrette pour transporter son sac. Nous profitons d’une bonne nuit de repos après cette belle veillée au coin du feu.

Mardi 19 Mai Mijavol – Florac. Le retour à la civilisation. Encore une très belle étape et les températures commencent à devenir agréables.
Nous quittons Mijavol, après 3 jours sans ravitaillement. Nous allons retrouver la ville. Cette étape est agréable, le soleil est bien présent et nous commençons à enlever des couches d’habits lorsque nous sommes abrités du vent. Le paysage est encore magnifique, la randonnée se fait majoritairement en descente. Nous apercevons Florac dans la vallée, mais le chemin est encore long. La descente devient de plus en plus raide, dans la forêt et sur un chemin rocailleux. Laurent a toujours très mal au genou dans les descentes alors nous prenons notre temps. Nous arrivons enfin à Florac mais nous devons traverser tout le village pour arriver à l’hôtel. Nous sommes heureux de trouver notre chambre et après une bonne douche, nous fêtons le retour à la civilisation avec une bonne bière dans le parc de l’hôtel. Nous gardons un très bon souvenir du repas et du service à l’hôtel du pont neuf.

Mercredi 20 mais Florac – Cassagnas. C’est notre dernière étape. On traverse une châtaigneraie puis on longe un torrent sur une ancienne ligne de chemin de fer.
C’est notre sixième et dernière étape. Le soleil et les températures agréables nous accompagnent. C’est la première fois que nous marchons en tee-shirt toute la journée. Le parcours est agréable et plutôt facile. La première partie du parcours traverse une forêt de chataigniers puis nous arrivons à un village où nous faisons une petite pause café. La suite du chemin emprunte une ancienne ligne de chemin de fer en surplomb d’un torrent. Nous arrivons à l’ancienne gare de Cassagnas, le terme de notre périple pour cette année. Nous passons une bonne nuit dans le gîte après un buffet régional (saucisse du cru et gâteau à la châtaigne). Jeudi matin, nous attendons notre chauffeur de la malle postale qui nous emmène à la Bastide Puylaurent où nous retrouvons notre voiture.
Nous avons parcouru une centaine de kilomètres en 6 jours de marche à une moyenne de 3,6km/h et un dénivelé positif total de 3000m. Nous avons passé environ 45h sur les chemins et marché plus de 27h. A bientôt 10 ans, Mala a très bien marché, comme nous tous elle fatigue en fin de journée mais elle récupère encore bien. Elle est très sociable avec tout le monde aussi bien les autres randonneurs que les animaux rencontrés. Nous ne l’avons pas entendu dans les gîtes, elle a trouvé sa place au pied de nos lits et a été très sage dans les salles de restaurant. Nous avons traversé des paysages magnifiques et vu de jolies fleurs. Tout au long du chemin je prends le temps de photographier tout ce que je vois, les paysages, les fleurs. Voici pour terminer, une dernière vidéo qui justifie mes arrêts fréquents.
